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François Malausséna (1814-1882)

François Malausséna (1814-1882)

 

François Malausséna fut le maire qui présida au changement de souveraineté de 1860. Il est en fait emblématique d’une génération et d’un temps essentiels dans l’histoire niçoise.

Il nacquit à Levens, dans une vieille famille de notable locaux. Après des études au collège de Nice, puis à la faculté de Droit de Turin, il s’inscrit au barreau de Nice et entre très vite en politique, comme nombre de notables de la ville. En 1855, il est élu au conseil communal, puis est nommé syndic en 1857, à la suite d’Adrien Barralis. C’est donc à lui que revient le redoutable honneur de présider aux destinées de la ville au moment crucial du débat sur la nationalité de Nice. Dans un premier temps, attaché au gouvernement de Victor-Emmanuel II et au libéralisme de Cavour, il se présente comme hostile au parti francophone. Mais, progressivement, il s’y ralliera, encouragé par Turin et séduit par les perspectives de développement offertes par la France au territoire niçois. C’est ainsi que, lors des préparatifs du plébiscite, il appelle à voter pour la France.

Le gouvernement de Napoléon III, qui a besoin de s’appuyer sur les élites locales pour lancer l’intégration du Comté à la France, entourera François Malausséna des plus grands soins, à défaut de pouvoir vraiment compter sur un autre acteur décisif de 1860, Louis Lubonis. Il sera maintenu dans ses fonctions de maire de la ville, ce qui lui permettra d’accomplir une oeuvre importante, marquée par le début de l’extraordinaire développement urbain. On lui doit ainsi l’adduction d’eau de Sainte-Thècle et l’arrivée du chemin de fer. Il sera élu député en 1868 et 1869, et, de fait, cogérera le nouveau département des Alpes-Maritimes avec le préfet Gavini de Campile.

Cette proximité avec le pouvoir impérial lui sera aussi fatale. A la chute de Napoléon III, il quitte ses fonctions, et abandonne la vie politique, à l’exception de la représentation du canton de Levens au Conseil général.

Avocat, il fut le conseil des grandes familles d’hivernants séjournant à Nice, en particulier celle du tzar. Son fils Arthur fut aussi élu député des Alpes-Maritimes (1892-1898), et sa petite fille Antonia épousa Flaminius Raiberti, autre grand nom de la politique niçoise à la fin du XIXème et au début du XXème.