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Le festin des cougourdons

Le Festin des Cougourdons aura lieu le 6 avril 2014 dans les jardins des Arènes de Cimiez.

Depuis le Moyen Age, se dresse sur la colline de Cimiez, comme pour exorciser les ruines romaines, une chapelle fondée par les moines bénédictins de Saint-Pons, voisins, et placée sous le vocable de la Vierge de l’Annonciation.

La renommée de cette chapelle fut accrue quand vinrent s’y installer, en 1546, les moines franciscains de l’Observance. Durant le siège de 1543, réfugiés dans les murs de Nice avec leurs Bréa, ils avaient vu détruire leur beau couvent campagnard de la Buffa. Les Bénédictins acceptèrent donc de leur céder la chapelle de Cimiez comme nouvel établissement. Au fil des siècles, ils y installèrent un couvent, agrandirent l’une et l’autre, les embellirent. A la fin du XIXème, ils furent rattrapés par l’urbanisation, mais les traditions qu’ils avaient forgées dans le temps perdurèrent. Parmi ces traditions, celle qui est connue sous le nom de festin des Cougourdons marque, en fait la célébration de la Vierge de l’Annonciation, patronne de l’église. L’Annonciation est bien sûr l’épisode du Nouveau Testament au cours duquel l’archange Gabriel vient annoncer à Marie qu’elle mettra au monde le Fils de Dieu. Cette date du 25 mars comme fête de l’Annonciation se déduit par soustraction au 25 décembre des neuf mois de grossesse de la Vierge Marie. Comme Noël, elle vient fort opportunément recouvrir la célébration païenne d’un changement de saison, de l’hiver au printemps.

La conjugaison Annonciation/festin des Cougourdons reproduit ce télescopage. A l’occasion de la célébration religieuse se déroulait donc une messe précédée d’une procession. Les confréries de Pénitents de Nice quittaient la ville au petit matin, suivies du peuple des fidèles et gagnaient la colline en procession. Elles se rassemblaient devant la chapelle Sainte-Anne (aujourd’hui à l’angle de l’avenue du Monastère et de l’avenue de Flirey), où les rejoignaient les habitants de Falicon et leur confrérie. Puis, à travers les ruines romaines, on gagnait l’église pour entendre la messe. L’éloignement de la ville justifiait ensuite de se reposer des fatigues du parcours. C’est ainsi qu’est né le festin des Cougourdons. Précisons que le mot "festin" ne renvoie pas, en niçois, aux ripailles qui y sont associées en français, mais plutôt à une simple fête champêtre, donnée spontanément à l’occasion de la célébration du saint protecteur d’une église, d’une chapelle rurale et, par extension, d’un hameau ou d’un village. Cette fête se composait d’un repas et de diverses réjouissances, danses et jeux.

Le festin des Cougourdons est donc associé à la fête religieuse de l’Annonciation. Son nom lui vient du marché qui s’établit à cette occasion sur la place devant l’église. Ce marché propose aux pèlerins des "courgourdons", c’est à dire des cucurbitacées non comestibles, de formes curieuses et de tailles diverses, séchées durant l’hiver puis vidées de leur chair et de leurs graines. Ces cougourdons devenaient alors des récipients tous usages appréciés des Niçois dans la vie quotidienne: louches, gourdes, mesures, etc...

Leurs formes bizarres, dont certaines portent des noms (la maravilha, la bachourla, etc) ont encouragé leur décoration, de plus en plus raffinée, par gravure ou peinture.

De même, leurs qualités de résonance, aménagées par diverses techniques de sculpture et d’harmonisation les ont fait utiliser comme des instruments à vent ou à percussion par des orchestres improvisés. Ces orchestres étaient dénommés "la vespa" (l’abeille), car le son d’ensemble s’apparente facilement à un bourdonnement grave.

On trouve aussi sur le marché une spécialité culinaire liée à cette fête, lou chaudèu (l’échaudé), sorte de brioche en double couronne parfumée à la fleur d’oranger et décorée d’une coquille d’oeuf maintenue par deux traits de pâte en croix, allusion à la fois à la renaissance printanière de la nature, à la proximité de Pâques et à la Résurrection du Christ.
Le festin des Cougourdons était aussi l’occasion de rendre publics les griefs que les couples, ayant vécu, reclus au foyer, la longue cohabitation de l’hiver, voulaient vider. Il porte donc encore le surnom de festin des Reproches. Une fois ces griefs exposés, sans violence autre que verbale, devant tout le monde, le public invitait le couple à la réconciliation, les différends étant purgés, à l’occasion des festins des Mais.

* ancienne place du Monastère de Cimiez.