Musée à ciel ouvert : les œuvres du tramway

A Nice, lorsque vous prenez le tramway, vous pouvez découvrir des œuvres d’art à chaque arrêt. En effet, les lignes de tram ont été réalisées avec l’intervention de nombreux artistes français et internationaux racontant à leur façon, l’art dans la ville.

La ligne 1

Inaugurée en 2007, la ligne 1 est un véritable musée à ciel ouvert. Elle traverse des quartiers emblématiques tels que la place Masséna, le Vieux-Nice et l’avenue Jean-Médecin. Le parcours présente les œuvres de 13 artistes majeurs internationaux choisies par un comité artistique piloté par François Barré (président du Centre Pompidou de 1993 à 1996 et directeur de l’Architecture et du Patrimoine au ministère de la Culture de 1996 à 2000).

Ce comité était composé de douze personnalités reconnues dans les domaines de la création et de l’art contemporain, de l’urbanisme et de la commande artistique en espace public.

Conversation à Nice – Jaume Plensa – 2007

Station Masséna

« La sculpture ignore la fiction. Elle n’est pas affaire de matériaux, mais d’émotions. Elle n’est pas d’affaire de volume et d’espace mais de temps ».

Jaume Plensa

L’œuvre, installée au cœur de la place Masséna, présente 7 sculptures de 12 mètres de haut réalisées en résine polyester et en acier inoxydable. Elles représentent des figures humaines assises et accroupies inspirées des scribes antiques, et sont disposées sur les piédestaux métalliques.

Chaque statue incarne l’un des sept continents, symbolisant ainsi l’unité et la diversité de l’humanité. Le soir venu, les sculptures s’illuminent progressivement changeant de couleur de manière aléatoire, créant ainsi un dialogue visuel entre elles et avec les passants. Ce phénomène lumineux évoque une conversation silencieuse entre les continents, renforçant le message de connexion et d’échange interculturel que la ville de Nice connaît depuis de nombreuses époques.

Les Postes restantes de la Porte fausse – Sarkis

Station Cathédrale Vieille Ville

Sarkis – Les Postes restantes de la Porte fausse – 2007 – Peinture à la feuille d’or

« Les arts visuels, c’est le silence. On parle avec nos yeux. »

Sarkis

Au cœur du Vieux-Nice, La Porte fausse cache un escalier discret longtemps utilisé comme un raccourci entre la ville basse et le Paillon. Autrefois simple poterne percée dans les remparts du XVIIIe siècle, ce passage portait déjà une histoire singulière. En effet, c’est un luthier qui en fit un lieu de convivialité et qui légua ensuite à la ville à condition qu’il soit transformé en passage. C’est comme ça que l’on nomma ce passage « porte fausse ».

Sarkis a ajouté un plateau en marbre, intitulé Les Postes restantes, clin d’œil au service postal où l’on récupérait autrefois ses courriers. Les passants pouvaient y déposer cartes postales, messages ou petits mots.

Par l’intervention de l’artiste, le passage de la porte fausse recrée le passage entre la vieille cité et nouvelle ville à l’aide de matériaux ancestraux : marbre et or rappelant la cathédrale Sainte-Sophie d’Istanbul, dont l’artiste s’est inspiré.

Le confident – Jean-Michel Othoniel

Station Valrose

Jean-Michel Othoniel – Le confident – 2007 – Fonte d’aluminium, verre de Murano – 300 × 400cm

« J’aime donner au visiteur l’impression qu’il est seul face à l’œuvre, dans un jardin d’Eden fermé, un sérail exotique hors du monde. Mes sculptures de verre, il faut les découvrir en s’y promenant ».

Jean-Michel Othoniel

Le confident est installé dans le square du Doyen Lépins, à proximité de la station de tramway Valrose. L’œuvre est à la fois une sculpture et un mobilier urbain. Constituée d’une structure en aluminium et ornée de grandes perles colorées soufflées à Murano, elle prend la forme d’un banc double séparé par un paravent ajouré.

Pour découvrir le parcours dans son intégralité, Bloomberg Connect vous propose un guide gratuit enrichi de contenus exclusifs sur les œuvres de la ligne 1 du tramway de Nice !

La Ligne 2

La ligne 2 du tramway relie l’aéroport Nice Côte d’Azur au port Lympia, en traversant la ville d’ouest en est. Inaugurée en plusieurs étapes entre 2018-2019, elle est devenue un axe structurant de la mobilité niçoise.

Pour ce programme artistique ambitieux, un comité artistique d’experts sous la présidence de Jean-Jacques Aillagon (ancien ministre de la Culture) a été créé.

12 artistes de renom ont été sélectionnés par le comité de pilotage, pour la réalisation de 13 œuvres, dont deux interventions couvrant l’ensemble de la ligne (annonces sonores et écritures sur les stations).

Pépin, la déesse et la mer – Ernest Pignon Ernest

Station souterraine Garibaldi

Ernest Pignon Ernest – Pépin, la déesse et la mer – 320 ×160 cm – 2019 – Résine

« Je travaille sur les villes, elles sont mon vrai matériau, je m’en saisis pour leurs formes, leurs couleurs, mais aussi pour ce que l’on ne voit pas, leur passé, leurs souvenirs qui les hantent ».

Ernest Pignon Ernest

Cette installation associe trois éléments chargés de sens : Pépin, l’enfant espiègle représentant Giuseppe Garibaldi dans sa jeunesse, héros niçois et figure de liberté ; la déesse, inspirée de la Victoire de Samothrace, incarnant l’élan universel, la force et l’héritage culturel ; la mer, enfin, telle la proue d’un navire.

L’œuvre est accompagnée d’une projection vidéo en direct du port de Nice ouvrant l’espace vers la Méditerranée, symbole de voyage et d’échanges.

Lou Che – Noël Dolla

Station Port Lympia

Lou Che, Noël Dolla – 2019 – 1400 cm – Acier, plexiglas, néon rouge

Lou Che, œuvre monumentale haute de près de 14 mètres, évoque à la fois la modernité industrielle et la poésie maritime. Composée de formes élancées, elle figure trois bateaux stylisés semblant fendre les vagues, un clin d’œil à l’histoire du port et aux travailleurs de la mer.

Le titre, volontairement ambigu, joue sur plusieurs aspects : Lou Che peut s’entendre comme « la lumière » (du mot italien luce), ou encore comme un jeu de mots autour de « louche ».

C’est aussi le nom du petit bateau de l’artiste qui a son attache dans le port de Nice quartier où l’artiste vit et travaille depuis son enfance.

Cette pluralité d’interprétations traduit la démarche de Noël Dolla : provoquer la curiosité, susciter la discussion et laisser chacun se forger son propre regard.

Soave, Tania Mouraud

Station Durandy

Soave, Tania Mouraud – 2019 – Peinture

« L’œuvre est une confidence que je fais comme à ma meilleure amie. Je raconte tout, le spectateur reçoit. »

Tania Mouraud

L’œuvre Soave, est une installation textuelle qui s’inspire de l’air célèbre « Soave sia il vento » de l’opéra Cosi Fan Tutte de Mozart (1790, livret de Lorenzo da Ponte). Dans cette scène, Fiordiligi et Dorabella souhaitent un voyage sûr et paisible à leurs fiancés partis en mer. L’expression signifie littéralement : « Que le vent soit doux ».

Le texte, inscrit en italien sur les murs de la station de tramway, fait écho à l’histoire de Nice et à la biographie de Joseph Durandy (1834-1912), figure politique et ingénieur niçois qui initia plusieurs projets majeurs tels que le canal de la Vésubie et les lignes de chemin de fer Nice–Digne et Nice–Coni.

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