L’architecture à portée de regard
« Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde, à vous, à moi, à nous tous. »
Victor Hugo, « Guerre aux démolisseurs », Revue des Deux Mondes, 1er mars 1832
En cette année commémorative du cinquantenaire de la disparition de l’écrivain, critique d’art et penseur André Malraux, la Ville de Nice met en lumière la mission de l’inventaire général. En effet, alors ministre des Affaires culturelles, il crée l’Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France en 1964 afin de recenser, d’étudier et de faire connaître le patrimoine de notre pays.
La Ville de Nice, en lien avec la Région Sud, a lancé son inventaire du patrimoine de la villégiature en 2017, dans le cadre de la candidature de la Ville de Nice au patrimoine mondial de l’UNESCO. Depuis, le groupe Recherche et Inventaire du service Ville d’art et d’histoire de la Ville de Nice inventorie, étudie et valorise les édifices et paysages urbains qui témoignent de l’histoire et de la richesse patrimoniale de notre territoire.
Immeubles mitoyens ou isolés, villas individuelles ou jumelées, squares et jardins d’agrément privés, lieux de sociabilité, opérations d’urbanisme, monuments commémoratifs… L’exposition itinérante « Reflet d’inventaire » plante le décor et en met plein la vue avec une sélection de façades et de décors remarquables. Pour sa première étape d’itinérance sur les grilles du jardin Alsace-Lorraine, deux panneaux mettent spécifiquement en exergue le style Art déco et les espaces arborés du quartier.
À venir : du 10 janvier au 31 mars 2027, retrouvez l’exposition « Reflet d’inventaire » sur les grilles du square de la place Wilson.
Bon à savoir
Si votre intérieur conserve un patrimoine remarquable, contactez l’équipe de l’Inventaire du service Ville d’art et d’histoire de la Ville de Nice : [email protected]
Zoom sur les métiers de l’inventaire
Le chercheur documentaliste
Sa devise : recenser, étudier, faire connaître ! Étudiant un territoire donné ou un thème particulier, il croise ses connaissances et ses observations sur le terrain avec les recherches qu’il mène sur différentes sources archivistiques :
- Les archives relatives aux permis de construire,
- Les revues nationales ou locales d’architecture,
- Les archives d’architectes ou notariales, les fonds photographiques divers, les fonds d’administrations et de services d’urbanisme.
L’illustrateur, le photographe et le dessinateur-graphiste
Le travail de l’illustrateur a été considéré, dès l’origine de l’inventaire, comme essentiel pour la mémoire et la compréhension du bâti et de l’objet, puis des traditions et patrimoines immatériels.
Le travail du photographe fait suite aux premières photographies réalisées au 19e siècle autour de la notion, alors naissante, de monument historique. Une photographie d’inventaire cherche une neutralité, évitant tout effet pouvant modifier la perception de l’objet étudié, afin de bénéficier d’une documentation précise sur lui-même et son environnement.
Le dessinateur-graphiste peut également intervenir quand les conditions ne permettent pas une couverture photographique pertinente ou lorsqu’il convient d’illustrer une évolution complexe du bâti.
Le cartographe
La cartographie permet de révéler les données collectées et les évolutions chronologiques sur un territoire, grâce aux liens qu’elle entretient avec les bases découlant de l’inventaire. Afin d’étudier l’inventaire du patrimoine bâti, de l’illustrer et de mieux comprendre le territoire, il est nécessaire de réaliser des dessins, des cartes et des plans selon des techniques scientifiques. Pour ce faire, les systèmes d’informations géographiques (SIG) sont de plus en plus utilisés, tout comme la PAO (Publication Assistée par Ordinateur), outil indispensable au traitement de l’image.