Héritières de traditions très anciennes, ces « musiques des ténèbres » accompagnaient le Carnaval et certains rituels populaires. Leurs formes étranges et inventives évoquent la liberté créatrice de Louis Allo (1855–1936), menuisier-inventeur niçois, à qui l’on doit la majorité des instruments conservés.
Symbole fort de la culture locale, « lou cougourdoun », cultivée depuis des siècles dans le comté de Nice est associée à la fertilité, à la protection et à la transmission.
À Nice, elle est devenue un marqueur identitaire, célébré lors du « Festin dei Cougourdons ».
Pourquoi « Vespa » ?
Parce que l’ensemble bourdonnait comme une guêpe : libre, piquante, parfois insolente. À l’image de la clique elle-même, dont la musique bruyante et joyeusement subversive renversait l’ordre établi, chassait les mauvais esprits et réglait, dans un joyeux charivari, les tensions du voisinage.
Dans le « Babazouk » (Vieux-Nice), Li Vespa défilaient accompagnées des « mòrou », silhouettes sombres et inquiétantes, figures archaïques rappelant l’Ours d’autres carnavals européens.
Autant de symboles qui rappellent la profondeur du Carnaval niçois : une fête née entre ténèbres et lumière, désordre et renouveau.