Les vestiges antiques de Cemenelum
Le site archéologique de l’ancienne Cemenelum abrite tout à la fois des thermes et un petit amphithéâtre, sans doute l’un des plus petits de Gaule avec sa capacité estimée à 4 000 spectateurs.
Au début du XVIIe siècle, le domaine appartient au premier consul Jean-Baptiste de Gubernatis. C’est le président du Sénat de Nice et ambassadeur des ducs de Savoie, Jean-Jérôme de Gubernatis qui transforme en maison de maître la métairie construite au milieu des vestiges antiques. Achevée en 1685, c’est une riche demeure typique de l’architecture génoise, à la façade colorée, ornée de décors en trompe-l’œil et percée de nombreuses fenêtres.
Dès la fin du XVIIIe siècle, les éditeurs d’estampes proposent aux touristes hivernant sur la Riviera des vues pittoresques des ruines du « temple de Cimiez ». Au XIXe siècle, les Arènes de Cimiez sont le lieu de réunions conviviales ou de promenades familiales pour les Niçois.
En 1823, le comte Raymond Garin de Cocconato rachète la propriété et favorise les fouilles : dès 1865, un quartier de la cité romaine de Cemenelum est mis au jour. Les archéologues n’interviennent cependant pas avant les années 1930-1940 (Nino Lamboglia puis Paul-Marie Duval).






La culture sous les oliviers
En 1923, la propriété Garin de Cocconato est vendue à une société immobilière comme terrain à bâtir. Toutefois, soucieuse de préserver le site, la Ville de Nice empêche ce lotissement et acquiert en 1950 la propriété, aménageant les « Jardins des Arènes » en promenade publique et installant, en 1963, le musée d’archéologie et le musée Matisse dans l’ancienne villa.
Les Jardins des Arènes sont dès lors utilisés pour diverses manifestations : poésie, concerts classiques, opéras et représentations théâtrales dans le cadre de « Cimiez centre d’art » (1954-1961), festival chorégraphique de Youly Algaroff (1960-1978), festival du livre (1969), Grande Parade du Jazz puis Nice Jazz Festival (1974-2010), mais aussi kermesses ou manifestations gastronomiques (Cougourdons, fête des Mai, fête de la vigne…).
En juillet 1956, le célèbre ténor Mario Filippeschi y incarne le Don Alvaro de La Force du Destin de Verdi. Les jardins accueillent le ballet Bolchoï, le Harkness Ballet of New-York. Les plus grands noms du jazz s’y produisent : Stéphane Grappelli, Dizzy Gillespie, Art Blakey, Miles Davis, Fats Domino, Chuck Berry, Carlos Santana…





Kermesse et majorettes aux Arènes
Alors que la fête des Mai s’était essoufflée, le Comité des fêtes de la Ville de Nice s’empare du nouveau lieu culturel que sont les Jardins des Arènes de Cimiez pour y recréer une manifestation municipale dont la première édition a lieu en mai 1962. Le parc accueille kermesse et bal populaire tous les dimanches et jours fériés du mois de mai. Le temps des mais s’achève par le gala de clôture du premier dimanche du mois de juin.
La Ciamada nissarda et Nice la belle donnent des démonstrations de danses traditionnelles niçoises. Les rassemblements de majorettes venues de toute la région sont le clou du spectacle : celles de Nice (fondées en 1963) en blanc et liseré bleu, celles de Cannes en jaune et bleu, celles de Saint-Laurent-du-Var ou celles d’Antibes-Juan-les-Pins qui se sont vues, en 1969, décerner le prestigieux titre de « Majorettes de France ».
Cette manifestation populaire connaît un réel succès auprès des familles niçoises qui s’y rendent en masse avec leur pique-nique. Les jeunes gens se défient pour gravir le mât de cocagne. Ça sent la socca et la barbe-à-papa…






Les Mais s’affichent
C’est tout naturellement Gustave Mossa (1883-1971), Ymagier officiel du Carnaval de Nice, qui réalise les premiers visuels de communication pour le compte du Comité des fêtes (1962-1966). Tous les Niçois connaissent sa composition où on trouve rassemblés tous les ingrédients de la fête : les danses en costume folklorique, le mât de cocagne et ses guirlandes, et, signifiant du lieu de la manifestation : la croix séraphique et le monastère de Cimiez.
Puis l’école municipale de dessin de la villa Thiole (actuelle EMAP), ouverte en 1965, organise chaque année un concours entre ses élèves, sous la responsabilité de Claire Aragon. Les projets sont exposés en salle du conseil municipal et un jury présidé par le maire choisit la maquette de l’affiche de l’année. Arbres stylisés et motifs floraux très colorés, typiques des années 1970, fleurissent ensuite sur les panneaux d’affichage municipaux.
Fabienne Bouret signe l’affiche de l’édition 1968, l’Antibois Dominique Prévost celle de 1969, Michèle Schefbal celle de 1972. En mars 1973, Michelle Roux, fille du propriétaire de « La Colombe d’Or » à Saint-Paul-de-Vence, est lauréate. En 1976, c’est le jeune Paul Bella, 19 ans et demi, qui remporte le concours d’affiches de la fête des Mai avant de gagner les Beaux-Arts de Paris pour une carrière de photographe.






